Sainte-Croix il y a 60ans
Je n’ai pas la prétention d’écrire une histoire de la Bresse. J’en serais bien incapable. Je ne relate ici que mes premiers pas dans notre belle commune de Sainte-Croix où vécu Madame d’Artagnan bien avant nous.
Nous sommes en l’an mil neuf cent quarante-six : j’ai alors dix-sept ans.
J’ai décidé de quitter mes bords de Loire pour vivre, avec mon mari bressan, ma
vie de femme et de maman.
A la sortie de la gare, je remarque, sur la gauche, une chaîne de montagne.
Tiens ! C’est le Jura. Tout d’un coup je me suis sentie très loin des
collines du Sancerrois. Il faut dire que, ayant peu de moyens de locomotion à
l’époque, les distances paraissaient beaucoup plus éloignées.
Un peu de marche et nous voilà au moulin, sur le Solnan. Monsieur Coulon encore
jeune homme, c’est son oncle Monsieur Gavand qui en assurait le bon
fonctionnement. Devant l’entrée, des agriculteurs attendaient que leur grain
soit moulu. Ils avaient auparavant attachés leurs chevaux à une barre de métal,
tenus par des anneaux, qui se trouvait autour du mur du cimetière. Ils
discutaient entre eux et quelquefois allaient trinquer un verre au café du
coin. Ce café n’existe plus aujourd’hui.
Ma première grande surprise fut cette église qu’on aurait dit plantée là au
milieu du cimetière. A la vérité, je pense que c’est le cimetière qui s’est
formé, peu à peu, autour du lieu de culte. Je n’avais vraiment jamais vu cela
avant.
Comme nous allions en direction de Montpont, je n’ai qu’aperçu la montée du
bourg et la mairie en haut. Par la suite, j’y ai découvert ses commerces, le
château et la poste, mais plus tard.
Nous sommes passés devant la cure, l’école des filles et quelques commerces de
chaque côté de la route. Monsieur et Madame Couchoux tenaient le Casino. Madame
Peubey exploitait également son épicerie. Des messieurs se tenaient à l’entrée
de la boulangerie-café de Monsieur et Madame Pirat. Deux quincailliers se
succédaient : celle de Monsieur de Bernardot et celle de Monsieur Canard.
Les trois artisans sabotiers se nommaient messieurs Bernardot et Couchoux.
Nous croisions des connaissances auxquelles mon mari me présentait. On lui
demandait des nouvelles de ses proches : comment vont la Lucienne,
l’Odette, la Marie-Rose et Pierre ? J’ai remarqué que, curieusement,
on mettait un article devant le prénom féminin et pas devant le masculin. Cette
coutume perdure encore quelque peu surtout parmi les plus âgés.
Le long de la route qui conduit à notre ferme, je n’ai pas vu de maisons
typiquement bressanes. Certes elles étaient longues (à mes yeux), le toit très
pentu avec un avant-toit. Cela n’existait pas dans mon petit coin de Nièvre.
Les routes n’étaient pas goudronnées. Les principales, celles qui allaient
d’une commune à l’autre étaient seulement pierrées. Par contre, les chemins de
ferme (les charrières) étaient très boueux par temps de pluie.
Ce qui m’a beaucoup frappée ce sont les cultures, toutes en sillons pour que
l’eau puisse s’écouler : je vous en reparlerai un peu plus loin au moment
des labours.
Nous voilà donc arrivés. C’était la grande ferme de Châtillon. A cette époque
là, toute la traction était animale. Elle avait une surface de 42 hectares. La
grande cour était entourée d’une mare en arrivant, puis trois corps de
bâtiments. Le premier, à droite, était vétuste et servait de remise pour
quelques outils mais lui, était typique avec ses colombages. Un autre, très
grand, était l’habitation. Il y avait du monde, il fallait de l’espace. J’y fus
accueillie à bras ouverts. Après tout, je n’étais qu’une fille de plus et je
fus considérée comme telle. Mes beaux-parents ont été mes seconds parents. Le
handicap c’était ce « parler bizarre », le patois avec lequel j’ai dû
m’habituer mais cela a été très vite. Le troisième bâtiment dit « bâtiment
d’hébergeage » était une partie de l’outil du travail agricole. Une grande
partie servait d’étable, au milieu une grande grange, une petite étable pour
« les jeunes bovins » et enfin l’écurie des chevaux. Au bout, les
poules avaient leur poulailler. Le fumier était entassé derrière tout ce
bâtiment. Les soues à porcs se trouvaient un peu plus loin au bout du bâtiment
d’habitation, le puits était situé au milieu de la cour : son eau était
réservée aux usages ménagers.
Les premiers jours, nous avons visité quelques hameaux où j’ai fait
connaissance d’une petite partie de ma nouvelle famille. J’y ai donc découvert
quelques hautes maisons à colombages. Le toit pentu était, et est encore,
recouvert de tuiles à bottes. Ce sont ces tuiles rondes et creuses que l’on
entasse les unes sur les autres. Sous l’avant-toit, on déposait les sabots
sales afin de ne pas salir à l’intérieur. Ensuite, pour entrer, il fallait
appuyer sur le loquet afin d’ouvrir cette lourde porte en bois brut, garnie de
gros clous. Plus tard, avec mon mari, nous devions posséder une des ces fermes
au hameau de la Frette.
Une
journée à la ferme
Aux environs de six heures tout le monde, en principe, était debout. Après une
tasse de café, les hommes allaient donner du foin aux vaches et à tous les
autres bovins. Les chevaux avaient leur ration avec de l’avoine en plus. Aux
vaches, on ajoutait des betteraves coupées mélangées à de la farine de
céréales. Les messieurs sortaient également le fumier de la nuit et étendaient
une litière propre. Nous, les femmes, nous pouvions aller traire. Bien sûr on
n’avait pas de trayeuse, c’était manuel. Je m’y suis très bien adaptée. Quand
on avait lavé le pis, on l’essuyait convenablement, on attachait la queue pour
être tranquille et on pouvait s’y mettre, assises sur notre petite chaise en
bois à trois pieds. Belle-maman était restée à la maison pour préparer le
« dainné », premier repas de la journée. Souvent, elle faisait une
« soupe blanche ». Je ne connaissais pas cela mais c’était bon. En
fait, après avoir fait roussir des oignons, elle ajoutait du lait (pas de
l’eau) et elle salait convenablement. Le tout était versé sur le pain rassis
coupé au préalable.
La traite finie, il fallait écrémer le lait. On versait chaque bidon l’un après
l’autre dans l’écrémeuse. Là il fallait de l’huile de coude – plus tard on a eu
un petit moteur. La crème était descendue à la cave pour que l’on puisse faire
le beurre le samedi. Le beurre était fait à la baratte et manuellement, bien
attendu. Revenons à l’écrémeuse, il fallait la démonter, la laver soigneusement
pièce après pièce. Les bidons vides y passaient également ainsi que le
« coulou » (passoire pour le lait). Alors, les uns comme les autres,
nous avions mérité notre soupe, du lard, du fromage, du beurre, de la crème, de
la confiture. La table était bien garnie mais on faisait notre choix. Mon
beau-père s’occupait des cochons ensuite. Dans la matinée chacun avait son
travail, soit dans les champs, le ménage, cuisine, jardin. Il y avait « du
pain sur la planche ». A ce moment-là, on sarclait tout : le maïs,
les patates, les betteraves… C’était long, fatiguant et ce n’était pas très
agréable non plus. Le soir, vers 17 heures, on retournait aux écuries comme le
matin.
Le moment des foins arriva. Il fallait penser à modifier les chars. Pour le
transport du fumier, des pommes de terre, des betteraves, des épis de maïs, le
char était fermé formé de planches. Le fond, les côtés étaient formés avec ces
planches : deux pour le fond et deux de chaque côté pour agrandir la
contenance ; en résumé, il était creux. Pour les récoltes en vrac, foin,
paille, on l’aménageait. Sur le dessus, les hommes mettaient une
« couarte » c’est-à-dire une couverture faite de lames de bois qui
dépassaient largement. Le devant et le derrière étaient munis eux aussi de ces
grandes lamelles en bois. On les appelait les « fouirtis ». Elles se
repliaient quand le char était vide. De nos jours, ce sont les remorques à
pneus qui ont remplacé les chars à roues de bois – les roues anciennes de ces
chars étaient faites avec des rayons en bois et entourées de fer, vous en voyez
certainement dans toutes les brocantes.
Au petit jour, mon mari partait faucher avec le cheval attelé à la faucheuse.
Vers les neuf heures, quelqu’un lui descendait son casse-croûte. Il rentrait
dans la matinée quand il avait estimé que la surface convenait pour, ensuite,
travailler le foin manuellement. On était très heureux quand le grand soleil
était de la partie. Le temps a une grande importance pour les agriculteurs.
On prenait toujours une heure ou deux après le repas du midi pour faire une
petite sieste ou regarder le journal. A trois heures, tout le monde est prêt,
les râteaux, les fourches, il faut se mettre au travail. J’avais connu des
râteaux avec les dents placées à 90°. Ceux de Bresse sont obliques. C’est
beaucoup plus maniable. On s’en servait pour retourner les andains couchés au
sol. Ensuite on ramenait l’un d’eux sur l’autre. Le troisième recouvrait les
deux autres pour former une « resse ». Les hommes, armés de fourches,
pouvaient plus facilement récupérer le foin pour le porter sur le char.
Quelqu’un était prêt pour le réceptionner et le ranger habilement afin que le
tout soit bien équilibré. C’était tout un art et certains n’étaient pas
capables de « faire un char », moi la première. A l’ombre d’un
buisson nous avions rangé une jarre d’eau fraîche, il faisait bon se
désaltérer. Nous avions aussi du café froid dans de l’eau des « seltinés ».
Nous achetions ces derniers en pharmacie et, dissout dans l’eau fraîche,
c’était très apprécié.
C’était reparti pour un autre char et ainsi de suite. En outre, avant de les
ramener vers la ferme, il fallait les serrer pour ne pas perdre leur précieux
chargement. On les liait avec une perche d’où partait une grosse corde de
l’avant à l’arrière. Là se trouvait un cylindre en bois allongé horizontalement
et percé de trous. On y introduisait la corde (dite « souée ») et, à
l’aide de solides chevilles qui, elles aussi se mettaient progressivement dans
ces trous, les hommes serraient en tournant et arrivaient à faire le nœud final
très solidement.
Vers dix-huit heures, chacun de nous se mettait autour de la table et se
restaurait. On l’avait bien gagné. Ensuite, pendant que les femmes allaient
traire, les hommes commençaient à décharger et à remplir le fenil. D’après ma
modeste expérience, c’était le travail le plus pénible. Nous y participions
tous, à tour de rôle selon le besoin.
La
moisson
Les blés doraient au soleil ainsi que toutes les céréales d’hiver. L’avoine se
récoltait en dernier car semé au printemps. La même faucheuse servait à couper
mais on y rajoutait un genre de lamelles en bois reliées entre elles. Quand le
faucheur l’estimait, il appuyait sur une pédale avec son pied et posait la
paille sur le terrain. Il continuait pendant tout le champ.
Les femmes surtout, mais toute personne disponible, avaient mission d’ébancher
les gerbes. Les uns fabriquaient des liens – on savait tous les faire – et les
posaient par terre. Les autre avec des faucilles et leurs bras ramassaient les
tas de moisson et les mettaient sur ces liens. A la suite, les hommes liaient
le tout qui devenait une gerbe.
Avant de rentrer les gerbes, on les avait laissées sécher sur le terrain,
rejointes en petits tas coniques, les épis en haut bien sûr. Elles
remplissaient une partie de la grange mais on les montait également en une ou
plusieurs meules au milieu de la cour.
Le battage pouvait alors venir. Je ne veux pas longtemps m’étendre sur ce sujet
car d’autres l’ont fait parfaitement. Je n’ai rien à y ajouter sinon que, pour
amener le chaudron et la batteuse, avec les bœufs ou les chevaux, il fallait
beaucoup de courage aux animaux et aux hommes.
En septembre, au moment de la fête, on arrachait les pommes de terre : on
les mettait dans des panières (des grosses corbeilles) et le tout arrivait à la
ferme dans notre char à planches.
Le maïs mûrissait. Bientôt on allait cueillir l’épi. La « dépouille »
sera pour plus tard. Chacun de nous avait sa « piatte ». On cultivait
la panouille brute et on faisait des tas. On chargeait ensuite le tout dans
notre précieux char qui était déchargé dans un coin de notre immense grange. La
paille de maïs, restée debout, devait plus tard se couper. Nous, les femmes,
nous donnions un joli coup de faucille pour la sélectionner et nous faisions
des gerbes. On en donnait à manger aux animaux en complément de leur
alimentation normale.
Les soirs de « dépouille », chacun se mettait à l’ouvrage après le
souper. Des amis, des voisins se faisaient un plaisir de se joindre à nous.
Plus il y a de bras, plus le travail est réussi, c’est bien connu. On avait
bien soin de ne pas enlever toutes « les dépouilles » : il
fallait en garder pour attacher les panouilles entre elles. En principe c’était
les hommes qui les attachaient par quatre afin de les suspendre dehors le
lendemain. Je vous en parlerai tout à l’heure car dans l’immédiat je veux
parler de ces soirées animées qui nous semblaient plus de la détente que du
travail. Tout y passait : les dernières nouvelles, les blagues, hardies
parfois, mais je crois que l’on était tout bêtement heureux. Il faut dire
qu’ensuite la récompense était le casse-croûte final avec une table bien garnie :
un bon verre de vin et un bon café faisaient passer le tout. Le lendemain, dans
la matinée, il fallait le pendre ce maïs. Les toits pentus, quelque peu en
« auvent », étaient l’endroit idéal. Il s’y trouvait des poutres, une
contre le mur, l’autre parallèlement tout au long vers l’extérieur. On avait
par ailleurs des grosses perches qui servaient à déposer nos panouilles. Une
personne sur le char les tendait, panouille par panouille, à une autre qui les
mettait à cheval sur sa perche. Celle-ci remplie, s’appuyait sur nos deux gros
supports qui étaient les poutres dont je vous ai parlé au début. On pouvait
alors admirer dans toute la Bresse ces beaux épis de maïs que l’on égrènerait à
la main dans l’hiver.
Le plus gros des récoltes était en lieu sûr sauf les betteraves pour plus tard.
Il fallait penser aux semailles et commencer par mener le fumier dans les
champs. Je me souviens qu’en sabots et en jupe, je faisais équipe avec une
belle-sœur… et nos deux bœufs auxquels nous nous étions très attachés. Il
fallait les mettre de chaque côté du timon unique. On posait derrière leurs
autres cornes le joug. On leur liait fermement et nous les attelions ensuite.
Toutes les deux remplissions le char de fumier mais Marie-Rose en déposait
beaucoup plus car avec mes petits bras !... C’est moi qui dirigeais les
bœufs. A vrai dire, le Blondin et le Rondot étaient fort bien dressés. Je les
dirigeais simplement avec une baguette que j’appuyais sur leurs naseaux, à l’un
ou à l’autre selon la direction que nous devions prendre. Les hommes eux aussi
menaient le fumier avec les chevaux. On ne déposait des tas tout au travers du
champ. Pour l’étendre ce serait plus facile. Les jours suivant nous allions
tous avec des fourches et dispersions le précieux ferment. A cette époque déjà,
on ajoutait un peu d’engrais mais je ne me souviens pas du nom.
Les
labours et les semailles commençaient.
Ici comme on cultivait « à piattes », on ne pouvait pas se servir du
brabant. Mon mari prenait donc son araire (charrue sommaire) et se mettait à
l’ouvrage. Ah ! Il fallait tenir bon et fendre le terrain sans aller de
travers. Il prenait toujours un cheval car il le guidait avec la voix. Il
fendait la terre : un aller et un retour. Le semeur était là avec du grain
dans un tablier, et jetait quelques volées. Pour finir la « piatte »,
le laboureur redescendait d’un côté et remontait de l’autre pour bien recouvrir
le tout. Ca avait de l’allure, quand j’y pense maintenant ! Notre semeur
pouvait alors repasser et faire voler une dernière fois, poignée par poignée,
tout au travers de l’ouvrage la précieuse semence. On était sûr que l’année
prochaine la moisson serait bonne et abondante. Le tout était convenablement
hersé.
Le soir pour bien finir le travail, et du beau travail, un homme prenait une
pelle et allait « relever les têtes » aux deux extrémités du champ.
Il fallait que le travail soit net et bien fini et qu’il ne reste pas de terre
de chaque côté.
Les betteraves se rentraient en dernier. Je me souviens que, le matin, nous les
arrachions et arrachions également les feuilles : il faisait déjà froid.
On les rangeait dans un silo creusé dans la terre et recouvert de paille de
maïs. On se devait de les protéger du gel.
L’hiver arrivant, le travail aux champs était terminé. Il fallait, c’est vrai,
s’occuper des animaux qui ne sortaient plus dehors. Je ne vous ai pas parlé de
la volaille qui était plutôt le domaine de ma belle-mère. Elle avait mis
poulets et dindes à engraisser. Ils n’étaient pas négligés. Elle irait sur le
marché, à Sainte-Croix, et trouverait bien quelque acheteur.
Les femmes, l’après-midi et le soir, souvent tricotaient. C’était du manuel
mais plus calme. Ensemble nous pouvions bavarder. De temps en temps, les hommes
montaient au grenier pour égrener le maïs. Cela se faisait, assis sur une
chaise avec une pelle à bêcher entre les jambes. Ils raclaient les épis, les
uns après les autres, et faisaient des jolis tas de grain.
Ils allaient surtout faire du bois. Les buissons étaient bien nettoyés et le
meilleur était pour le feu. Principalement, ils achetaient des
« cantons » numérotés par avance et estimés par un garde forestier
dans une coupe. Pas de tronçonneuse mais des cognées, des haches et de la
force. Ils ne coupaient pas les arbres comme aujourd’hui à ras le sol, ils les
arrachaient. La broussaille autour avait été nettoyée : avec une hache,
ils cognaient à la base du tronc ce qui donnaient des copeaux. Quand le tronc
s’était suffisamment amenuisé, ils le faisaient alors tomber. Il fallait
prendre de grandes précautions. Ensuite, les branches étaient coupées, sciées,
stérées. Il faut dire que ce n’était pas vraiment la stère qui était la
référence mais le « moule » qui faisait 1m33 x 1m33. Pour fendre, ils
employaient des coins plutôt en métal et, à force de taper dessus, le morceau
de bois s’écartait. Ce n’est qu’après que nos bûcherons le sciaient. Les fagots
étaient fabriqués, le terrain nettoyé avec un petit feu pour éliminer les
déchets inutiles : on peut dire que nos « gars » avaient bien
travaillé. L’année prochaine, on pourrait encore se chauffer.
Aujourd’hui 2007, on peut dire que les choses ont beaucoup évolué. Les terrains
sont drainés, ce qui permet à l’eau de s’écouler donc plus besoin de sillons.
On cultive maintenant tout à plat. Les engins agricoles sont arrivés, de plus
en plus performants. Les femmes n’ont plus besoin d’aller dans les champs. Tout
est mécanique et facilite la besogne. Je ne suis pas certaine, pour autant,
qu’avec ce modernisme les agriculteurs aient moins de travail. Ils ont du
s’agrandir de plus en plus en reprenant des petits domaines qui n’avaient plus
d’exploitants. Il faut aussi rentabiliser et entretenir le matériel. Serait-ce
la rançon du progrès ?
Dans le bourg, les commerçants sont clairsemés. Outre le magasin de matériel
agricole, nous avons la chance d’en avoir deux précieux à notre disposition.
D’un côté la boucherie, très renommée qui a un dépôt de pain. En face, le
magasin d’alimentation – presse et très bien achalandé. Il a aussi son dépôt de
pain et dispose de « bouteilles » de gaz solidement attachées à leur
support. Au milieu du bourg, « l’Auberge des Mousquetaires » ne
demande qu’à satisfaire ses clients. La mairie, l’agence postale, restent à
notre disposition.
Ma conclusion sera donc très courte et très banale : il fait bon vivre à Sainte-Croix.